Magnifica Humanitas2026


Works
46 · Istituto Italiano di Cultura di Parigi
View the works
Overview

La photographie a deux cents ans, au moment même où les images apprennent à s'écrire toutes seules.

Magnifica Humanitas la ramène à Paris, là où elle est née, avec une exposition presque entièrement en noir et blanc, en hommage à ses origines : une quarantaine d'œuvres phygitales — tirages photographiques, installations vidéo, un film et une chapelle de verre — conçues par Matteo Basilé pour les salles de l'Institut culturel italien, en parallèle de Paris Photo.

01 / 46

In Summo Volcani

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

02 / 46

Absentia

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

03 / 46

Humanitas 01

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

04 / 46

Humanitas 02

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

05 / 46

Humanitas 03

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

06 / 46

Humanitas 04

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

07 / 46

Humanitas 05

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

08 / 46

Humanitas 06

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

09 / 46

Humanitas 07

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

10 / 46

Humanitas 08

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

11 / 46

Humanitas 08

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

12 / 46

Humanitas 09

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

13 / 46

Humanitas 10

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

14 / 46

Humanitas 11

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

15 / 46

Humanitas 12

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

16 / 46

Humanitas 13

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

17 / 46

Humanitas 15

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

18 / 46

Humanitas 16

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

19 / 46

Humanitas 17

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

20 / 46

Humanitas 18

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

21 / 46

Humanitas 19

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

22 / 46

Humanitas 20

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

23 / 46

Humanitas 21

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

24 / 46

Humanitas 22

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

25 / 46

Humanitas 23

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

26 / 46

Humanitas 24

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

27 / 46

Humanitas 25

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

28 / 46

Humanitas 26

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

29 / 46

Humanitas 27

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

30 / 46

Humanitas 28

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

31 / 46

Humanitas 29

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

32 / 46

Humanitas 30

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

33 / 46

Humanitas 31

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

34 / 46

Humanitas 32

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

35 / 46

Humanitas 33

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

36 / 46

Humanitas 34

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

37 / 46

Humanitas 35

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

38 / 46

Humanitas 36

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

40 / 46

Le Dernier Acte

2026 · Photographic print with pigments and smoke powder on cotton paper

41 / 46

Le Miracle

2026 · Photographic print with pigments and smoke powder on cotton paper

42 / 46

Tempus omnia revelat

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

43 / 46

Tempus omnia revelat I

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

44 / 46

Trasumanar I

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

45 / 46

Trasumanar II

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

46 / 46

Trasumanar III

2026 · Photographic print with smoke pigments on cotton paper, with hand-carved interstice

Installation views

Next chapter

Quel che resta della Transavanguardia
2006

What remains of an avant-garde, posed once more.

Enter
Matteo Basilé, Quel che resta della Transavanguardia
The exhibition

MAGNIFICA HUMANITAS

Venue
Istituto Italiano di Cultura di Parigi

MAGNIFICA HUMANITAS

Matteo Basilé

Institut culturel italien de Paris

12 novembre 2026 – 20 janvier 2027

Commissariat : Dominique Moulon et Antonio Calbi

La photographie a deux cents ans, au moment même où les images apprennent à s'écrire toutes seules. Magnifica Humanitas la ramène à Paris, là où elle est née, avec une exposition presque entièrement en noir et blanc, en hommage à ses origines : une quarantaine d'œuvres phygitales — tirages photographiques, installations vidéo, un film et une chapelle de verre — conçues par Matteo Basilé pour les salles de l'Institut culturel italien, en parallèle de Paris Photo.

Le titre vient de l'encyclique de Léon XIV. En 1891, un pape nommé Léon répondit à la première révolution des machines en affirmant que l'ouvrier n'est pas un rouage ; en notre temps, un autre Léon a répété le geste face aux intelligences artificielles. Alors la machine prit les mains ; aujourd'hui elle réclame le visage. Et le visage, écrit Lévinas, est précisément ce qui nous interdit de tuer.

Les visages

Depuis trente ans, Basilé travaille avec des humanités de frontière — saints et fous, corps que le monde tient en marge — et les habille d'histoires qui ne sont pas les leurs : des archives de la Sartoria Farani, qui coud depuis 1962 l'imaginaire du cinéma italien, des vêtements ayant déjà vécu d'autres vies sont passés sur les corps de ses photographies. Il accomplit aujourd'hui le même geste avec un autre outil. Chaque portrait naît de sa méthode et de ses archives photographiques, l'ADN dont chaque figure descend : c'est lui qui écrit les coordonnées, les formes, les lumières, la mesure exacte de chaque défaut.

Le tissu enserre le visage comme une châsse enserre la relique. Les larmes deviennent écriture, l'écriture devient objet sacré — le tasbih, le chapelet, le tzitzit, les graines de la forêt — et toutes les fois de l'humanité sont ramenées à un seul geste : nouer. Basilé ne décore pas ses visages de défauts : il les exige. Jamais la blessure fraîche, seulement ce que le temps a déposé. Il nomme ce seuil la merveilleuse monstruosité : la frontière fragile où le beau se déforme et où le monstrueux révèle. Les machines produisent des symétries, parce que la symétrie est la paresse de la statistique ; le nez de travers, il faut le vouloir.

La matière

On peut tout générer, sauf le résidu. Déjà dans Rerum Novarum, Basilé avait transformé la fumée noire des cierges des églises romaines en pigment : ici, ce geste devient fondement. Chaque œuvre est une pièce unique — tirage aux pigments et aux poudres sur papier coton, gravé à la main, avec des fenêtres creusées dans l'image comme des reliquaires. Mais aucune ne s'arrête là où s'arrête le papier : chacune cache un second état, invisible à l'œil nu. En approchant un appareil, l'image s'ouvre, respire, livre le temps que le tirage tient immobile. Les retables flamands fonctionnaient ainsi : fermés les jours ordinaires, ouverts les jours de fête. Basilé appelle phygitale cette double nature, mais le mot nouveau nomme une liturgie ancienne : l'ostension.

Le film

Magnifica Humanitas naît d'un mot que Dante inventa parce qu'aucun autre ne suffisait : trasumanar, aller au-delà de l'humain. C'est un film de voyage et de passage, entre la terre et le ciel, tourné en noir et blanc dans une terre qui n'appartient à aucune carte — roselières, déserts de lave, cratères, falaises, plaines de neige — et traversée par les derniers hommes : non ceux de la fin du monde, mais ceux de l'Évangile, qui seront les premiers. Un vieux prêtre crie parmi les roseaux, deux derviches tournent sur eux-mêmes, des exilés traînent leurs baluchons, une mère et une fille se disent adieu avant le départ. La dernière figure marche seule, un lustre allumé sur la tête, jusqu'à devenir un point. On y trouve la douleur de Pasolini, la vérité sans fard du néoréalisme, les visages de La Haine, les icônes en mouvement de Paradjanov. La musique est de Marco Del Bene (MKDB) : écriture orchestrale, électronique et recherche de timbres qui ne décrivent pas ce qui apparaît, mais suggèrent ce qui reste invisible.

Superstes

Dans la dernière salle, le cœur de l'exposition : une chapelle de verre. Dehors, une fougère vivante. Les fougères existaient avant que la Terre n'apprenne à fleurir et ont survécu à cinq extinctions : superstes, en latin, est le survivant mais aussi le témoin. Des capteurs écoutent ses impulsions électriques, ses réactions à la lumière, à l'obscurité, à ceux qui passent près d'elle ; ces signaux voyagent vers l'intelligence artificielle de Basilé et, de là, entrent dans la serre. Le sol est de terre nue, bêchée. Sur la terre, seule, une robe : celle dont l'artiste enveloppe ses sujets jusqu'à n'en laisser découvert que le visage. Ici, plus personne ne la porte. Au fond, là où dans une église se tiendrait l'autel, un écran traduit le souffle électrique de la plante en un visage, une expression, une émotion. Le vivant sent, l'artificiel traduit, l'humain est absent — et le seul corps que la serre garde vraiment est celui de qui y entre. La réaction de la plante n'est pas immédiate : c'est un temps dilaté, qui demande de rester.

Le manifeste

L'exposition est accompagnée du Manifeste du dernier humain, le texte d'Airona Altman qui en traverse les peurs une à une — de l'intelligence artificielle, de la photographie, du voyage, de l'autre — comme on regarde un visage. Le catalogue est publié par Dario Cimorelli Editore, avec des textes d'Antonio Calbi et de Dominique Moulon.

« Nous ne sommes pas ici pour célébrer le présent. Nous sommes ici pour l'altérer. »